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  • « Rendre service » par Vincent Cespedes, philosophe

    Le 9 octobre, 2012

    Par l’Académie du Service

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    Synthèse de l’intervention du Philosophe Vincent Cespedes – « L’innovation par le service » – Académie du Service, 6e conférence « Les Talents de la relation client » – 28 septembre 2012

    Le service a de nombreux points communs avec la philosophie et avec le thème du bonheur.

    Le service ne se décline pas par rapport au verbe être, à l’idéologie de être, ni par rapport au verbe avoir, de la valeur, etc. Il se décline selon le verbe rendre.

    Nous sommes dans une ère du rendre. Ce verbe n’accapare pas, il est dans quelque chose qui circule, dans l’ère du bonheur qui ne se décline pas non plus selon être et avoir. Une ère du bonheur transmissif, de la circulation.

    1er point la confiance

     Le service est la capacité de transmettre la confiance.

    A l’opposé il y a une certaine orchestration de la peur au sein des entreprises, des équipes, des clients, qui ont peur de mal choisir, la peur d’être sur le banc de touche, et même la peur de réussir.

    Cette peur peut être combattue et le service fait partie de la réflexion sur une lutte contre la peur. Peur des différences, d’une identité fluide.

    Un nouveau paradigme qui concerne la confiance et l’identité.

    L’école de Parménide : être ou ne pas être. Nous sommes dans un rôle dont il est difficile de changer.

    Héraclite : nous ne sommes pas dans être ou ne pas être, nous sommes dans une logique plus liquide, fluide, complexe, dans la logique du tiers inclus, dans être et ne pas être.

    On est dans la capacité de pouvoir mélanger ensemble la confiance et la peur.

    Il est important de maintenir la peur, au sens empathie, réception de l’autre, avoir peur pour l’autre. La véritable empathie nécessaire à la performance du service implique de se mettre à la place des peurs de l’autre, de délester l’autre de sa peur, et de le mettre en confiance.= Une confiance authentique et pas manipulatoire. La vulnérabilité et la fragilité c’est être humain mais c’est aussi être faillible.

    Une ère de réhabilitation des émotions où on peut réhabiliter la peur.

    Ultra confiance : un terreau de confiance absolue sur laquelle peuvent exister des pics de troubles, des pics de stress, des pics de peur. Entretenir la confiance c’est se permettre d’avoir des troubles dans cette confiance.

    2ème point le carnaval

    Pour 1 jour dans l’année, les rôles vont s’inverser. Une redistribution aléatoire randomisée des rôles.  Lâcher la peur de ne pas tout contrôler, lâcher le dogme du tout contrôle. Il faut revenir à l’aléatoire.  Que ferais-tu si tu étais le patron, … Cela veut dire avoir du jeu (ou du je) dans une trame donnée, accepter des points de déstabilisation qui peuvent induire de l’innovation.

    3ème point le stress

     Quand la bureaucratie gagne on fait appel aux philosophes pour nous rendre humains. Casser le contrôler suppose une certaine dose de perdition dans un monde d’ultra confiance.

    Toute réflexion sur le service doit partir de l’amitié. Toute amitié véritable part d’une intrication humaine, je tisse des liens. Montaigne parle de la couture des âmes à propos de son ami La Boétie. En latin con plica = être tissé, être dans les plis de l’autre car on accepte que l’autre entre dans nos plis.

    Accepter que l’influence doit être réciproque sinon on est dans le contrôle et la manipulation. Cela suppose la perméabilité c’est là où le stress entre en jeu. L’amitié est une ultra confiance nourrie, entretenue, mais avec des moments de stress, de panique, de non contrôle.

    Le stress n’est plus à fuir mais peut faire partie d’un certain confort : s’adapter à des situations nouvelles. Mais les situations  ne peuvent pas être tout le temps nouvelles. Dans les entreprises il y a beaucoup de changements, de turn over, mais sans l’ultra confiance.

    3 pistes pour l’ultra confiance :

    –       La réciprocité. Etre dans la réciprocité sans donnant donnant.  Un paradigme du don saharien « qui que tu sois je t’accueille, je te loge, je te rends service car un jour quelqu’un d’autre que toi va me le rendre ». C’est l’idée d’une communauté de service, d’une fraternité, d’une éthique, de valeurs. C’est cela l’onde de charme qui peut circuler de personnes à personnes.  Cela permet d’être nourri en termes énergétiques.

    –       L’éloquence : c’est la capacité de transformer des idées en énergie et de la transmettre.

    –       L’enthousiasme. Toute relation de service part de l’enthousiasme, de la circulation de la passion, de la transmission de la passion. Rendre service c’est avoir un corps éloquent, avoir des idées et les transmettre. Faire passer les idées dans le sang.

    Rendre service représente une transmission éloquente de la confiance

    Retrouvez son intervention audio sur :

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