Cultures Services

Academie du service

Le blog

CULTURES SERVICES | LE BLOG

  • La vidéo du mois : la consommation collaborative

    Le 30 septembre, 2015

    Par l’Académie du Service

    Twitter LinkedIn Envoyer par mail

    Vidéo du mois par NLG

    Ce mois-ci, Nicolas Longo, Chef de Projet à l’Académie du Service, vous présente la vidéo du mois « La consommation collaborative », de la production Adésias pour le blog consocollaborative.com. C’était par ailleurs l’un des thèmes majeurs du colloque annuel des Talents de la Relation Clients porté par la Fondation Service Lab qui s’est tenu le vendredi 25 septembre 2015.

    Bien que la vidéo date de 2013, elle nous fait prendre conscience de l’ampleur qu’a prise la consommation collaborative depuis deux ans. Aussi appelée économie participative, est ici mise en scène de manière décalée et ludique pour nous présenter ses origines, à l’heure où son marché dépasse les 15 milliards d’euros et où des néologismes tels qu’ « ubérisation » poussent un peu partout.

    De la possession boulimique à l’accès au partage.

    D’abord, retournons quelques années en arrière et redécouvrons nos cours d’économie, au lycée ou à l’université. On ne rêvait alors que d’un retour des 30 Glorieuses, alors que la crise économique touchait chaque jour plus de pays. On nous enseignait la nostalgie des industries françaises pour finalement sombrer dans un courant néo-industriel, martelé d’ailleurs par les politiques, de Nicolas Sarkozy à Jean-Marc Ayrault, qui acclamaient à tue-tête que la croissance ne passerait que par le regain d’une industrie forte. Puis comme beaucoup de ma génération, j’ai été tenté par une consommation alternative, stimulée par l’essor du numérique. Nous avions alors tous des smartphones dans la main et chinions des meubles d’occasion sur Le Bon Coin pour meubler notre studio d’étudiant. A l’époque déjà, iTunes s’alignait en proposant le téléchargement de titres de musique, accusant le coup des réseaux peer to peer qui proposaient le téléchargement illégal de contenu multimédia. Un signe que les entreprises mesuraient déjà l’ampleur du virage à prendre ? Qui aurait prédit que, des années plus tard, on reviendrait aux 33 tours, mais qu’on les achèterait de surcroit à des particuliers ?

    Des nouvelles motivations pour consommer autrement.

    Nous avons finalement dû reconnaître que la société avait changé. La baisse du pouvoir d’achat, l’accroissement d’une éthique citoyenne et d’une conscience écologique, sur fond de développement d’Internet, ont entrainé de profonds changements structurels de la société telle que nous la connaissions. Adieu le neuf, bonjour l’occasion ; je n’achète plus mais je prête et j’emprunte ; là où l’usage prédomine sur la propriété, et où certains cherchent à amortir l’achat de matériel inutilisé en le mettant à disposition des autres moyennant un petit pécule, on développe aussi du lien social. Entraide entre voisins, habitants d’un quartier, d’une ville, d’un pays. En effet, combien de colocataires ai-je trouvé sur Appartager.com ? Combien d’heureux ai-je fait en me débarrassant de mon canapé, de mes pneus d’hiver, de ces Annabac dont je ne savais que faire ? Et en louant ma chambre sur AirBnb, en participant au projet d’un ami sur Kickstarter ou encore en proposant des places pour du co-voiturage ? Autant de personnes que j’ai parfois revues, avec qui j’ai échangé d’autres bons plans et parfois même parrainé sur Uber.

    La France, terre d’innovation de l’économie de partage.

    La consommation collaborative s’est peu à peu inscrite dans la société comme économie dominante, et pour cause : la France figure au rang des meilleurs élèves, avec les Etats-Unis, en termes de volume d’affaires et de diversité de l’offre. 70% des acteurs de l’économie participative en France sont Français et le secteur embauche pour l’instant 3000 personnes. Bien que seulement un tiers de ces employés soient à temps complet, le modèle collaboratif se structure et de grandes entreprises pénètrent déjà le marché, à l’instar de la SNCF qui a lancé en décembre 2014 IDVROOM, son propre site de co-voiturage. Certaines s’étendent même à l’international comme la française BlaBlaCar et n’hésitent pas pour cela à changer parfois de nom pour mieux s’exporter (La Ruche Qui Dit Oui devient donc The Food Assembly pour les pays anglo-saxons et s’est déclinée en quatre autres langues). Inspirée par le co-voiturage et d’une manière générale par le transport collaboratif, la start-up française Wingly a développé le co-avionnage et connait dès lors un succès fulgurant. Là où certains y voient une menace pour l’économie, d’autres y verront une source quasi inépuisable d’opportunités plus nombreuses que la concurrence. En plus de développer les métiers du web, la consommation collaborative se positionne en relais de croissance et répond aux besoins de nouveaux métiers avec, en tête, la relation client.

    La consommation collaborative ou comment exister au sein de ses communautés.

    C’est lorsque mon grand-père m’a parlé d’acheter des vieilles bicyclettes sur le Bon Coin pour les retaper que j’ai compris qu’il n’y avait pas de profil type des consommateurs collaboratifs : jeunes, moins jeunes, urbains ou ruraux, étudiants ou familles, l’économie participative est une incroyable source de mixité générationnelle, géographique et sociale. Chacun participera en fonction de ses intérêts, qu’ils soient financiers, humains ou écologiques, avec la volonté de prendre le pouvoir sur ce qu’il consomme et devenir acteur de la société en agissant concrètement sur le terrain. L’économie participative va même plus loin ; avec le développement de nouveaux services se développent de nouvelles communautés dans lesquelles les consommateurs se définissent et s’affirment. La consommation collaborative, vitrine du « personal branding » ? A l’ère du « je partage donc je suis », on existe au sein des communautés de partage et on est noté par ceux qui en font partie. La confiance entre particuliers se renforce à mesure que les échanges s’accroissent.

    Enfin, avec 89% de la population française ayant déjà réalisé une fois une pratique de consommation collaborative, ne sommes-nous pas en train d’assister à l’avènement d’une société décrite comme trop individualiste ? La vidéo se termine par un utilisateur de Vélib’ (ou de Vélo’v lyonnais, qui ont été les premiers à être mis en circulation sur le sol français en 2005) qui rencontre apparemment un problème. Il n’aura pas besoin de le réparer ; après l’avoir rendu à une station, les agents de la mairie de Paris prendront soin de gérer le problème. Cependant, en retournant la selle du Vélib’, l’utilisateur aura pris soin de signaler que celui-ci est défectueux. Un bel exemple de preuve relationnelle et d’entraide citoyenne.

    Retrouvez également nos « vidéos du mois » précédentes directement sur notre Blog Cultures Services

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *