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  • La quête d’héroïsme de la « Génération Perle » (épisode 1)

    Le 10 octobre, 2016

    Par l’Académie du Service

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    La quête d’héroïsme de la « génération Perle » par Vincent Cespedes

    [EPISODE 1]

    « Les jeunes et le service » était le thème du 10ème colloque des Talents de la Relation Client, porté par la Fondation Service Lab, qui s’est déroulé le vendredi 30 septembre 2016 au Châteauform’ City Le Cnit, Paris la Défense.

    Retour sur les moments forts de cette journée qui a rassemblé une fois encore, pas moins de 250 personnes, de secteurs et de métiers différents, garantissant la richesse des échanges et des rencontres.

    Pour ce premier épisode, nous vous proposons une synthèse de l’intervention du philosophe Vincent Cespedes : Osez la jeunesse !

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    Le philosophe Vincent Cespedes nous propose une vision des invariants de la jeune génération indépendamment des couches sociales. Selon lui, cette jeunesse serait :

    Moins uniformisée et moins standardisée que les jeunes d’une autre époque. C’est une jeunesse plurielle, une « génération souk » ! 

    • Très hétérogène (diplômes, précarisation, zapping, …) :
      Diplôme, précarisation, zapping, … Elle est multi taches, capable de maintenir plusieurs discussions en même temps avec une difficulté à se concentrer, ne supportant plus l’ennui.
    • Ultra connectée :
      C’est une génération plus intelligente qui « a la techno au bout des doigts et du cerveau ».
    • Caractérisée par une diversité d’imaginaires et de symboles :
      La TV a perdu son rôle de standardisation des imaginaires. Quelques chaines seulement uniformisent une génération autour des mêmes programmes et la consommation sur internet se charge de décupler les imaginaires et les symboles et permet autant de parcours singuliers aujourd’hui.
    • A la recherche de liberté :
      Chacun va chercher quelque chose de diffèrent. Dans le « magasin qui est le monde » , On est plus concentré sur un pays, sur un débat : la grande cathédrale que tout le monde devrait être en train de construire est devenue le souk. Mais, pour la jeunesse c’est le gage de la liberté.

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    Faite d’un mix d’optimisme et de pessimisme

    • Un grand pessimisme : : elle perçoit la vie comme un combat et pressent que la crise sera présente tout au long de sa vie (une vision plus dure que celle des anciennes générations).
    • Un formidable optimisme : Tristan Bernard a dit : « Le comble de l’optimisme est de rentrer dans un grand restaurant et de compter sur la perle que l’on va trouver dans une huitre pour régler la note ». Le restaurant c’est la vie, la perle c’est les jeunes. Les jeunes rentrent dans la vie en se disant « J’ai en moi les capacités de trouver une vie excellente, pleine de sens, riche, de devenir le héros de ma propre vie. Ce n’est pas assuré mais je vais tout faire pour y arriver ».

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    « La jeunesse d’aujourd’hui est une perle rare qui ne demande qu’à briller ! »

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    Animée par une formidable passion : l’envie d’avoir envie

    • La jeunesse d’aujourd’hui veut être à fond sur quelque chose. Etre un geek, c’est une nouvelle virilité, c’est être un héro. La passion est au centre de cette jeunesse : être passionnée, c’est être au summum du désir, c’est la volonté de volonté. Si l’on veut gagner et que l’on ne gagne pas, on pleure. Si l’on est dans « vouloir vouloir » on gagne toujours.

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    « Ce qui compte ce n’est pas la réalité, c’est la volonté.
    La volonté de volonté est une définition de l’ambition. »

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    Moins individualiste qu’on ne le pense

    • Les chiffres sur l’engagement dans des associations et le bénévolat explosent. La jeunesse est sur le terrain.

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    Et très manipulable dès qu’on lui vend de la passion, de l’utopie, de l’héroïsme :

    • Elle est une jeunesse qui « tue » ses ainés. Ses modèles deviennent extra familiaux ; elle s’inspire désormais des people, des scientifiques, des prix Nobel…

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    Que dire du rapport des jeunes au service ?

    • Les jeunes ne s’en laissent pas compter car ils savent qu’ils peuvent trouver toute l’information dont ils ont besoin sur internet. Les jeunes arrivent en experts sur un site ou dans un magasin.
    • o Ils sont toujours en quête de sens, assoiffés d’héroïsme et caractérisés par une identité narrative. Il faut raconter l’exploit. « Je raconte l’histoire grandiose qui est ma vie ». Cette jeunesse grandit avec facebook, Instagram et a une frénésie de se raconter dans son quotidien. Il faut pouvoir inclure la jeunesse dans un récit ouvert. Il faut un récit qui maintienne la liberté, une interaction créative, qui permette à chacun de pouvoir mettre sa pierre.
    • Ils attendent une vraie co-création : « Je ne sais pas où je vais mais j’y vais ».

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    Notre jeunesse est avant tout passionnée et pétillante. Il faut lui donner les armes pour qu’elle retrouve la méritocratie perdue. Elle trouve ses galons dans les jeux vidéo car là on lui dit « Bravo ! » et elle y incarne un héro d’une aventure ou d’une saga. Il est nécessaire d’étendre cette quête d’héroïsme, d’utopie de soif de grandiose, d’inscrire l’émotion dans la narration, le scénario. Ce sont les scénaristes qui sont les meilleurs chercheurs de la relation client de demain ; en particulier ceux qui savent improviser avec leur personnage.

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    Découvrez la synthèse audio de Vincent Cespedes (interview réalisée par Mediameeting)

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    Pour poursuivre :

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